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Travailler pour une organisation internationale telle que l’ONU ou la Banque mondiale offre la perspective d’exercer une activité porteuse de sens et de vivre des expériences passionnantes dans des pays lointains. Toute personne souhaitant poursuivre une carrière internationale devrait toutefois tenir compte de certains aspects, car l’environnement professionnel est en pleine mutation.

Les missions restent passionnantes, mais les organisations internationales sont elles aussi soumises à des pressions financières. La baisse des budgets et les réductions de dépenses marquent de plus en plus leur environnement, et les contrats à durée indéterminée sont devenus difficiles à obtenir dans de nombreux cas. Cela ne doit pas pour autant vous décourager. Il est néanmoins recommandé de planifier à l’avance et de prendre les dispositions nécessaires.

1. Systèmes de sécurité sociale des organisations internationales

Travailler pour ces organisations signifie souvent que vous adhérez à leur propre système de sécurité sociale et quittez les assurances sociales suisses. Il existe toutefois des exceptions, notamment pour de nombreux collaborateurs et collaboratrices suisses du CICR ou pour les personnes employées par certaines organisations non gouvernementales cofinancées par la Suisse. Les systèmes de sécurité sociale des organisations internationales sont généralement de bonne qualité et prévoient, à l’instar des systèmes étatiques, une couverture contre des risques tels que la vieillesse, la maladie, les accidents ou le décès. Plus vous travaillez longtemps pour l’organisation, meilleure est en principe votre prévoyance.

À l’ONU, par exemple, vous cotisez au régime de retraite dès votre premier jour de travail. Vous n’acquérez toutefois un droit à une rente qu’après cinq années de cotisation. Si vous quittez l’ONU avant ce délai, vos propres cotisations vous sont remboursées, mais vous perdez les contributions de l’employeur. Ce n’est qu’après 15 années au service de l’ONU que vous avez droit à l’intégralité des contributions de l’employeur en cas de versement sous forme de capital.

Par ailleurs, les organisations internationales ne se considèrent parfois pas responsables de ce qui se passe après la fin du rapport de travail. Il est donc d’autant plus important de se prémunir, dans la mesure du possible, par une couverture supplémentaire contre les risques sociaux.

2. AVS et AI

En matière de prévoyance vieillesse, il est souvent possible de continuer à cotiser à l’AVS. Chaque année de lacune de cotisation à l’AVS entraîne une réduction d’environ 2,3 % de la rente AVS à l’âge de la retraite. L’AVS va également de pair avec la couverture en cas d’invalidité (AI). Cet aspect ne doit pas être sous-estimé.

  • Organisation internationale ayant son siège en Suisse
    Les Suisses et Suissesses qui travaillent pour une organisation internationale ayant son siège en Suisse ont généralement la possibilité de continuer à cotiser à l’AVS, à l’AI, aux APG (allocations pour perte de gain, par exemple en cas de maternité) et à l’AC (assurance-chômage), ou uniquement à l’AC. Vous devez toutefois en faire la demande dans un délai de trois mois.
  • Domicile en Suisse, affectation à l’étranger
    Les Suisses et Suissesses qui conservent leur domicile en Suisse mais travaillent pour une organisation internationale à l’étranger peuvent généralement s’annoncer auprès de l’AVS en tant que salarié dont l’employeur n’est pas tenu de cotiser (ANobAG). Vous payez alors à la fois les cotisations de l’employé et de l’employeur pour l’AVS, l’AI, les APG et l’AC. Cette solution repose sur la souplesse de nombreuses caisses de compensation AVS, qui acceptent également le statut ANobAG lors d’affectations à l’étranger tant qu’il est possible de démontrer que le centre de vos intérêts vitaux reste en Suisse.
  • Abandon du domicile en Suisse
    Les Suisses et Suissesses qui abandonnent leur domicile en Suisse ont la possibilité d’adhérer à l’AVS et à l’AI facultatives si leur pays d’affectation se situe hors de l’UE/AELE, s’ils étaient assurés à l’AVS pendant les cinq années précédant immédiatement leur départ et s’ils déposent leur demande dans un délai d’un an.

3. Pilier 3

Les versements dans le 3e pilier ne sont pas autorisés lorsque le domicile et le lieu d’affectation se trouvent tous deux à l’étranger et, dans la plupart des autres configurations, ils ne sont pas avantageux, car le 3e pilier n’est réellement intéressant que lorsque les cotisations peuvent être déduites de l’impôt sur le revenu.

4. Assurance-chômage

L’un des principaux défis réside dans le fait que les organisations internationales ne versent pas d’indemnités de chômage. Selon la durée de votre engagement auprès de l’organisation internationale, celle-ci peut verser une indemnité de départ à la fin du rapport de travail. Toutefois, les organisations internationales ne disposent généralement pas d’une assurance-chômage. Il est donc intéressant pour les Suisses et Suissesses travaillant pour une organisation internationale ayant son siège en Suisse de rester au moins affiliés à l’AC. Pour les autres, lorsque les circonstances le permettent, il peut être avantageux de conserver leur domicile en Suisse et de rester assurés sous le statut ANobAG.

5. Assurance-maladie

Pendant votre engagement auprès d’une organisation internationale, vous bénéficiez généralement d’une assurance-maladie internationale. Les Suisses et Suissesses qui travaillent pour une organisation internationale ayant son siège en Suisse ne sont plus soumis à l’assurance-maladie obligatoire suisse, sauf s’ils souhaitent expressément y rester affiliés. Les personnes qui conservent leur domicile en Suisse tout en effectuant une mission à l’étranger restent en principe soumises à l’obligation de s’assurer en Suisse malgré leur assurance-maladie internationale. Il est possible de demander une exemption, mais les cantons se montrent de plus en plus restrictifs dans ce domaine.

6. Grossesse et maternité

En matière de maternité, plusieurs questions se posent. Si la grossesse et la maternité surviennent pendant que vous êtes employée par une organisation internationale, vous êtes généralement bien couverte. En revanche, si vous tombez enceinte vers la fin de votre engagement, les règles de l’organisation concernée déterminent si vous et votre enfant restez couverts par l’assurance-maladie pendant toute la grossesse et autour de l’accouchement. La compensation de la perte de gain peut également poser des difficultés particulières. S’il existe une possibilité que vous tombiez enceinte pendant votre contrat à durée déterminée, il peut donc être avantageux d’opter pour une solution vous permettant de rester assurée dans le cadre du régime des allocations pour perte de gain (APG).

7. Couverture privée

Dans certains domaines, il existe des solutions privées, par exemple des solutions d’épargne privée pour la retraite ou des assurances couvrant l’invalidité ou le décès. Si vous ne pouvez ou ne souhaitez pas rester affilié à l’AVS/AI, il est particulièrement utile d’examiner ces solutions plus en détail. Dans d’autres cas, une couverture privée n’est pas possible, notamment pour le risque de chômage ou la perte de gain liée à la maternité.

8. Coûts d’une couverture supplémentaire

Les coûts d’une couverture supplémentaire, qu’il s’agisse de l’AVS, de l’AC, de l’assurance-maladie obligatoire ou encore de solutions privées, doivent toujours être assumés par la personne concernée. Les organisations internationales ne prennent pas ces coûts en charge. Il convient donc de déterminer quelle couverture supplémentaire vous souhaitez et pouvez vous permettre. Les possibilités offertes par les assurances sociales publiques constituent souvent une bonne solution, même si les solutions privées peuvent parfois être moins coûteuses.

9. Impôts

Vous devez également tenir compte des conséquences fiscales dans votre planification. Si vous êtes employé par l’ONU, votre revenu est exonéré d’impôt même si vous êtes domicilié en Suisse. En revanche, lorsqu’un Suisse ou une Suissesse domicilié en Suisse travaille pour la Banque mondiale, ce revenu est en principe imposable. Les rentes sont elles aussi généralement imposables. Les versements en capital sont en revanche souvent exonérés d’impôt lorsque le revenu lui-même n’était pas imposable. Il vaut donc la peine d’examiner votre situation fiscale individuelle.

10. À qui ces règles s’appliquent-elles ?

Les indications ci-dessus s’appliquent aux Suisses et Suissesses qui, en raison de leur engagement, sont considérés comme des fonctionnaires internationaux. D’autres règles s’appliquent aux Volontaires des Nations Unies (VNU) ou aux consultants.

N’hésitez pas à nous contacter afin que nous puissions examiner ensemble votre situation individuelle. Nous nous ferons un plaisir de vous accompagner.

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