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Beaucoup de Suisses de l’étranger conservent leurs comptes bancaires, des biens immobiliers et des avoirs de prévoyance en Suisse – et restent donc fortement attachés à leur patrie. Cela montre clairement qu’ils s’intéressent à l’évolution de la conjoncture et du marché helvétiques.

La communauté des Suisses de l’étranger ne cesse de croître. Actuellement, environ 830 000 titulaires d’un passeport suisse vivent à l’étranger, soit un sur neuf. Certains reviennent temporairement dans leur pays d’origine avant de repartir dans un autre pays (graphique 1). De manière générale, la mobilité a augmenté.

Tous partagent sans doute ce même sentiment particulier d’appartenance: la famille, les amis, les souvenirs, les traditions et la langue sont autant de points d’ancrage émotionnels. Pour beaucoup, la Suisse reste également une référence sur le plan financier. Les opérations de paiement sont fiables, la prévoyance et les hypothèques exigent une planification rigoureuse, et la Suisse incarne la stabilité en matière de gestion du patrimoine.

Ces liens financiers étroits expliquent l’attention portée aux événements susceptibles d’influencer le marché helvétique, tels que récemment les droits de douane américains ou la politique de taux zéro menée depuis le milieu de l’année par la Banque nationale suisse.

Graphique 1: 826 700 Suisses et Suissesses de l’étranger en 2024
Répartition par continent de résidence, en pourcentage
Source: Zürcher Kantonalbank, OFS – Suisses de l’étranger au 31.12.2024

 

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Ce qui nous occupe actuellement

Attendue pour octobre, l’annonce a finalement été faite à la mi-novembre : la Suisse et les États-Unis sont parvenus à un accord commun visant à réduire les droits de douane exorbitants de 39 % sur les marchandises suisses, les alignant sur le niveau de leurs principaux concurrents, soit un maximum de 15 %. Cependant, malgré cet accord, il serait prématuré de céder à l’euphorie. En effet, cet arrangement n’est pas sans contrepartie pour la Suisse. Celle-ci s’est engagée à réaliser, d’ici fin 2028, des investissements directs aux États-Unis à hauteur de 200 milliards USD, un effort qui reposera en grande partie sur les entreprises pharmaceutiques.

Les détails de l’accord restent encore flous : on ignore notamment à partir de quand les nouveaux taux douaniers s’appliqueront et quels produits en seront exemptés. Jusqu’à présent, les produits pharmaceutiques et l’or figuraient parmi les principales exceptions. Concernant les médicaments, le gouvernement américain adopte une stratégie particulière : il cherche à contraindre les plus grandes entreprises du secteur à négocier pour obtenir des prix plus bas. Les règles du jeu sont, dans ce cas, exclusivement fixées par les autorités américaines.

Certes, des droits de douane de 15 % sur les importations américaines représentent une nette amélioration par rapport aux 39 % en vigueur depuis août. Cependant, ils restent cinq fois plus élevés que les 3 % appliqués au début de l’année 2025. Les entreprises industrielles suisses continuent donc d’évoluer à un rythme ralenti, ce qui pourrait avoir un effet modérateur sur la conjoncture économique. Néanmoins, il y a aussi des nouvelles encourageantes : plus de 90 % des exportations suisses de biens et de services ne sont pas concernées par ces droits de douane. De plus, les trois quarts de la valeur ajoutée suisse proviennent du secteur des services. Ainsi, bien que les droits de douane puissent freiner la croissance, leur impact global sur l’économie devrait rester limité.

Malgré ces défis, les perspectives à long terme des experts de la Zürcher Kantonalbank pour le marché boursier suisse demeurent solides. Outre sa stabilité politique et économique, la Suisse se distingue par le bon fonctionnement de sa démocratie, son esprit d’innovation et son système fiscal attractif.

Le franc suisse a fêté 175 ans1

La stabilité politique et économique de la Suisse se reflète dans la vigueur du franc. Contrairement à d’autres monnaies, il est très prisé pour son statut de valeur refuge, en particulier en période de crise. Selon Ernst Baltensperger, professeur émérite d’économie à l’université de Saint-Gall, la vigueur actuelle du franc ne s’explique que par son histoire.

Petit rappel historique: jusqu’à la première moitié du XIXe siècle, il n’existait qu’une trentaine de monnaies différentes en circulation, notamment celles des pays voisins, dont la teneur en métal ne correspondait pas toujours à la valeur faciale des pièces. On était encore loin de la force actuelle du franc.

Ce n’est qu’avec la fondation de l’Etat fédéral en 1848 que la Confédération a décidé de créer une monnaie unique à parité avec le franc français. Celle-ci a été mise en circulation deux ans plus tard, en 1850. Entre parenthèses, le franc français et le franc suisse correspondaient alors tous deux à la valeur de 4,5 grammes d’argent.

La seconde moitié du XIXe siècle a été marquée par des tensions sociales liées à l’industrialisation, qui ont entraîné une vague d’émigration. Après la Première Guerre mondiale, cela faisait longtemps que le franc suisse n’était plus évalué en fonction de sa teneur en métal fin, et au cours du XXe siècle, il est devenu la monnaie de prédilection des investisseurs du monde entier, à laquelle les Suisses et Suissesses de l’étranger demeurent largement attachés.

Comment gérer l’incertitude?

Les fluctuations des marchés financiers inquiètent les investisseurs. Elles provoquent souvent des ventes précipitées. Depuis 1987, l’indice suisse des actions SPI (graphique 2) a traversé successivement une bulle immobilière, une bulle Internet, une crise financière mondiale et, plus récemment, une pandémie. Néanmoins, il a toujours réussi à compenser les corrections au fil du temps.

Graphique 2: Une croissance soutenue en Suisse malgré les crises
Indice du marché boursier suisse (SPI), de décembre 1987 à septembre 2025
Source: Zürcher Kantonalbank, LSEG Datastream

La situation est similaire pour les indices boursiers d’autres pays et régions. C’est pourquoi, surtout en période de turbulences, il convient de diversifier largement ses investissements, de garder son calme et de s’en tenir à une stratégie de placement de long terme.

L’histoire a montré que même dans les moments difficiles, la Suisse trouve toujours le moyen de surmonter ses défis – elle conservera donc tout son attrait, y compris pour les Suisses de l’étranger.

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